Dix ans de prison requis contre Boualem Sansal, écrivain franco-algérien détenu à Alger

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Le parquet d’Alger a requis jeudi dix ans de prison ferme contre l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, poursuivi pour atteinte à l’intégrité du territoire national. Le verdict sera rendu le 27 mars par le tribunal correctionnel de Dar El Beida. L’affaire, suivie de près par Paris, survient sur fond de tensions diplomatiques croissantes entre la France et l’Algérie.

Âgé de 80 ans, Boualem Sansal est emprisonné depuis le 16 novembre, après avoir déclaré dans un entretien avec un média français que l’ouest algérien appartenait historiquement au Maroc. Une prise de position sur la question du Sahara occidental qui a conduit à son inculpation pour atteinte à l’unité nationale, outrage à corps constitué, atteinte à l’économie nationale et détention de contenus jugés menaçants pour la stabilité du pays. Le procès, qualifié de « fantôme » par son avocat français François Zimeray, a duré moins d’une demi-heure.

Emmanuel Macron, s’exprimant jeudi depuis Bruxelles, a appelé son homologue algérien à faire preuve de « clairvoyance » et à favoriser une issue rapide. Le chef de l’État français a également insisté sur la dimension humanitaire du dossier, rappelant l’état de santé fragile de l’écrivain, atteint d’un cancer.

Selon plusieurs sources proches du dossier, l’accélération de la procédure judiciaire pourrait ouvrir la voie à une solution politique. Une condamnation assortie d’une grâce présidentielle à l’issue du Ramadan, ou à l’occasion de la fête de l’Indépendance le 5 juillet, reste une hypothèse plausible. Certaines voix évoquent aussi un possible retrait de la nationalité algérienne, qui permettrait un règlement discret de l’affaire.

Boualem Sansal a choisi d’assurer seul sa défense. Dans sa déclaration, il a affirmé son attachement à l’Algérie, niant toute intention de nuire. « Je suis Algérien, j’aime mon pays et je suis patriote », a-t-il déclaré lors de son interrogatoire.

Ce procès, à forte portée symbolique, intervient dans un contexte où le dialogue entre Alger et Paris est fragile. Si le pouvoir algérien cherche à affirmer sa souveraineté sur les questions de sécurité et de mémoire, la France, de son côté, tente de ménager une sortie de crise, dans un climat bilatéral déjà sous haute tension.

Voir aussi : « Le pouvoir algérien est jaloux du Maroc », entretien avec Bernard Lugan

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